
Facel Vega FV
Facel Vega FV
La Facel Vega FV — la première des grandes GT françaises
Origines. Après-guerre, Jean Daninos dirige FACEL (Forges et Ateliers de Construction d'Eure-et-Loir), un carrossier qui produit des caisses pour Simca, Panhard, Ford (la Comète) et les dernières Delahaye. Quand Panhard rapatrie sa production en 1953, Facel se retrouve avec une capacité disponible : Daninos, passionné de voitures de luxe (il avait déjà carrossé des Bentley pour lui et ses amis), décide de se lancer sous son propre nom. Comme aucun moteur français ne convient, il se tourne vers Chrysler et ses V8 américains.
La FV (1954-1955). Présentée au Salon de Paris d'octobre 1954 sous le nom « Vega, construite par Facel », c'est un coupé 2+2 au style inspiré de la Ford Comète (caisse sous licence Stabilimenti Farina) : calandre verticale, ailerons discrets, chromes abondants en inox, tableau de bord gainé de cuir avec une des premières consoles centrales d'une voiture française. Sous le capot, un V8 DeSoto Hemi de 4,5 L (276 ci) développant environ 180 ch, avec boîte automatique PowerFlite Chrysler ou manuelle 4 rapports Pont-à-Mousson. Châssis tubulaire, roues à rayons Robergel. Vitesses de pointe : 172 à 193 km/h selon le pont. Le premier exemplaire de série est réceptionné par les Mines le 4 février 1955 ; environ 47 FV sont construites.
FV1 puis FVS. Dès mars 1955, la voiture devient FV1 : cylindrée portée à 4,8 L (200 ch), carrosserie allongée de 12 cm ; sept cabriolets d'usine sont construits sur cette base. Le modèle évolue ensuite en FVS (Facel Vega Sport, appellation notamment aux États-Unis), gagnant en puissance (jusqu'à 250 ch, puis moteur Chrysler 5,8 L de 335 ch).
Postérité. La lignée des FV s'achève avec la HK500 (1958-1961) et son V8 Chrysler 5,9 puis 6,3 L : freins à disques Dunlop, 237 km/h chronométrés par Paul Frère, clients célèbres comme Stirling Moss et Maurice Trintignant. La production totale FV/FVS/HK500 est d'environ 842 à 846 exemplaires. La FV reste ainsi la première grande GT de luxe française de l'après-guerre, au moment où Talbot, Delahaye et Bugatti disparaissaient.