
Le tricycle De Dion-Bouton 🚗
Origines (1882–1895)
En 1883, le marquis Jules-Albert de Dion s'associe avec l'ingénieur Georges Bouton et son beau-frère Charles-Armand Trépardoux pour fonder à Puteaux la société « Trépardoux et Cie, ingénieurs-constructeurs ». Les premiers véhicules sont à vapeur : un tricycle à vapeur dès 1887, capable d'atteindre environ 65 km/h.
Après avoir vu les moteurs à essence de Daimler à l'Exposition universelle de Paris de 1889, de Dion et Bouton se tournent vers le moteur à explosion. Trépardoux, fidèle à la vapeur, quitte l'entreprise en 1893 lors d'une brouille mémorable — la marque devient simplement « De Dion-Bouton »
Le moteur révolutionnaire (1895)
En 1895, Bouton met au point un monocylindre 4 temps de 138 cm³, refroidi par air, développant 0,5 ch à 1 500 tr/min — une vitesse de rotation étonnante pour l'époque (le moteur Daimler plafonnait à 750 tr/min) . Ce moteur, doté d'un allumage électrique haute tension conçu par Bouton, pèse moins de 20 kg et est considéré comme le précurseur de tous les moteurs de motos. C'est d'ailleurs sur ce moteur que Robert Bosch a commencé sa carrière d'équipementier, grâce à sa magnéto basse tension.
Le tricycle à essence (1896–1904)
Le moteur est monté derrière l'essieu arrière d'un cadre de tricycle acheté chez Decauville et équipé de pneus Michelin ; le premier modèle part en vente en 1896, la production en série démarre en 1897 avec un moteur de 211 cm³ et 1,5 ch pour un véhicule de moins de 80 kg. Le tricycle plutôt qu'une bicyclette est choisi car « un vélo apparaissait trop fragile pour cet usage » ; la transmission se fait par pignons directement sur l'essieu arrière avec différentiel. Réservoir de 3 litres, ~70 km d'autonomie, vitesse d'environ 25 à 35 km/h selon la démultiplication, et un prix élevé de 1 000 à 1 500 marks-or.
Le premier grand succès de l'automobile
Avec environ 15 000 exemplaires vendus entre 1897 et 1901, le tricycle De Dion-Bouton est le véhicule à moteur le plus réussi d'Europe et marque la première percée de l'automobile auprès du public Il contribue à faire de De Dion-Bouton, en 1900, le plus grand constructeur automobile du monde Le moteur est vendu ou copié sous licence par des dizaines de constructeurs : Peugeot, Opel, Adler, Minerva, Humber, Motosacoche, etc.
Le modèle évolue jusqu'en 1904 (le dernier atteint 8 ch et 955 cm³), et le 13 avril 1902, le pilote Georges Osmont établit un record de vitesse de 109,1 km/h à Nice sur un tricycle De Dion-Bouton — avant que la firme ne se concentre sur ses voitures, comme le célèbre vis-à-vis (2 970 exemplaires jusqu'en 1902)
Ces tricycles sont aujourd'hui très recherchés par les collectionneurs et éligibles au London to Brighton Veteran Car Run.



