Voici l’histoire de la marque Labourier et de ses tracteurs, synthétisée à partir des sources les plus fiables :
Origines et début de l’aventure
- Fin du XIXe siècle : Charles Labourier fonde une entreprise de machines à coudre et de cycles à Morez (Jura).
- 1902 : L’entreprise se diversifie avec la fabrication de voiturettes à pétrole, puis de carrosseries d’autocars, notamment sur châssis Renault.
- Après la Première Guerre mondiale : Jules Labourier, fils de Charles, abandonne le transport de personnes pour se consacrer aux véhicules utilitaires. Il découvre les camions-tracteurs 4×4 FWD (Four Wheel Drive) de l’armée américaine, vendus comme surplus militaires à bas prix dès 1920. Il en rachète en quantité, ainsi que des stocks de pièces détachées, et se lance dans le négoce de ces véhicules aux États-Unis, anticipant le développement de la mécanisation en forêt et en agriculture dans le Jura.
Développement et spécialisation
- Années 1920-1930 : Jules Labourier modernise et reconditionne des châssis, construit ses propres carrosseries et équipements, et conçoit des pièces d’adaptation pour des transformations spécifiques (chasse-neige, tracteurs forestiers). Ces activités connaissent un succès croissant, notamment à partir de 1923.
- 1942 : Début de la production de tracteurs agricoles, avec une orientation marquée vers les véhicules spéciaux (débardage, déneigement), adaptés aux besoins régionaux.
- Après 1945 : L’entreprise, basée à Mouchard, lance ses premiers tracteurs de série, les LD, et se positionne comme un constructeur moyen, devenant même le deuxième constructeur français de tracteurs agricoles au début des années 1950, devant SFV. La production est variée et répond à une demande croissante, notamment grâce aux facilités de paiement du Crédit Agricole.
Apogée et déclin
- Années 1950-1960 : Labourier se spécialise dans les véhicules spéciaux (tracteurs forestiers, chasse-neige, motochars) et les tracteurs agricoles, avec des modèles comme le LD 35, LD 55, ou encore le LDU. La marque utilise des moteurs de marques diverses (Dog Irat, etc.) pour s’adapter aux besoins des clients.
- 1978 : Face à la concurrence des grandes marques et à un taux d’équipement déjà élevé, Labourier cesse la fabrication de tracteurs. L’entreprise, toujours existante aujourd’hui, se recentre sur la mécanique de précision (engrenages, pignons sur mesure).
Héritage
- Labourier reste une marque emblématique de la Franche-Comté, prisée des collectionneurs. La plus grande collection de tracteurs Labourier se trouve d’ailleurs dans le Gard, restaurée par la famille Imbert.
- L’Amicale Labourier perpétue la mémoire de cette marque, et des expositions régulières célèbrent son histoire.