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JEM

Jem Marsh (1930–2015), l'homme derrière Marcos

Jeremy George Weston « Jem » Marsh naît le 15 avril 1930 à Clifton, dans la banlieue de Bristol. Il quitte l'école à 16 ans (avec pour seul diplôme un certificat de menuiserie !) pour s'engager dans la Royal Navy. Passionné de moto, il se tourne vers l'automobile après un accident à Malte en 1953 : il achète une Austin 7 Special incomplète, la restaure avec l'aide de son beau-père et se met à courir au sein du 750 Motor Club

Du rodéo à Speedex

À la sortie de la Navy en 1955, ce grand gaillard de 1,93 m rejoint une troupe d'acrobaties automobiles, la European Motor Rodeo, où il performe des figures au volant sous le surnom de « Rodeo Rod ». Il entre ensuite chez Dante Engineering, puis fonde Speedex Castings and Accessories à Luton, spécialisée dans les pièces de préparation pour Austin Seven, basée sur sa propre voiture de course, la Speedex 750. Il remporte notamment le Goodacre Trophy du 750 Motor Club 

La naissance de Marcos (1959)

Début 1959, il rencontre Frank Costin — ingénieur aérodynamicien ayant travaillé sur le de Havilland Mosquito et passé par Lotus — lors d'une réunion du 750 Motor Club. De leur association naît Marcos : la contraction de MARsh et COStin. Leur premier modèle, la Xylon (1960), vendue en kit, se caractérise par son châssis monocoque en contreplaqué marin — une inspiration aéronautique, léger et résistant. Sa silhouette disgracieuse, avec son toit surélevé pour accommoder la grande taille de Marsh, lui vaut le surnom d'« ugly duckling » (vilain petit canard)

Les années de gloire

Costin quitte l'aventure dès 1961 après un différend sur le design ; les frères Peter et Dennis Adams prennent le relais. Suivent des modèles cultes :

  • la 1800 GT (1964), en fibre de verre, un succès commercial et en compétition ;
  • la Mini Marcos (1965), version économique basée sur la mécanique de la Mini — plus de 1 300 exemplaires, et surtout la seule voiture anglaise à terminer les 24 Heures du Mans 1966 (aux mains de Jean-Louis Marnat et Claude Ballot-Léna). Des pilotes comme Jackie Stewart, Derek Bell ou Jackie Oliver ont couru sur des Marcos 

Chute et résurrections

La tentative d'implantation aux États-Unis (Mantis M70, 32 exemplaires vendus) et le durcissement des normes d'homologation précipitent la faillite en 1971 : Marsh doit vendre sa société. Il se replie sur la vente de pièces détachées, puis rachète les droits de la marque en 1976 et relance la production en 1981 avec les anciens modèles en kit. Suivent la Mantula (1984, V8 Rover), la Martina, puis la Mantara (1993) et le retour en compétition GT, avec notamment une participation au Mans 1995 avec son fils Chris. Il tient l'entreprise à flot jusqu'en 2000, la cède en 2002 au Canadien Tony Stelliga, et la marque disparaît définitivement en 2007 

Fin de vie

Des années 1970 au début des années 1990, il court régulièrement en historique, notamment à bord d'une Marcos GT ayant appartenu à Jackie Stewart. Il publie son autobiographie, Making My Marque, en 2009, et reste une figure familière du circuit de Castle Combe jusqu'en 2011. Il meurt le 2 mars 2015 à 84 ans 

JEM MiniMini  

 

Jacquot

Jacquot tonneau à vapeurtonneau à vapeur

1878

 

 

Jaecoo

Jaecoo : l'histoire en bref

Jaecoo est une marque du constructeur chinois Chery Automobile, créée en avril 2023 à Wuhu (province de l'Anhui, siège historique de Chery). C'est une sous-division de Chery International, lancée en même temps que sa marque sœur Omoda — les deux sont surnommées les marques « O&J » et sont vendues exclusivement hors de Chine, pour soutenir la stratégie d'exportation de Chery

Le nom vient du mot allemand Jäger (« chasseur ») et de l'anglais cool. En Iran, la marque s'appelle Lucano. Le positioning visé : des SUV au style plus « aventure/routier », par opposition au profil plus urbain d'Omoda 

Repères chronologiques

  • Avril 2023 : lancement à Wuhu avec deux modèles, le Jaecoo 7 (Chery Tansuo 06 rebadgé) et le Jaecoo 9 (Chery Tiggo 9, ensuite renommé J8). Objectif des marques O&J : 1,4 million de ventes annuelles hors Chine d'ici 2030
  • Septembre 2023 : premiers marchés commerciaux (Russie notamment), avec les J7 et J8
  • 2024 : expansion vers l'Europe occidentale, la Malaisie, le Moyen-Orient, l'Afrique du Sud et le Chili ; présentation du J6 EV (iCar 03 rebadgée) puis, en octobre, du J5, le plus compact de la gamme 
  • 2025 : lancement du J5 EV ; en août, Omoda et Jaecoo atteignent ensemble 600 000 ventes mondiales 27 mois après leur création .
  • 2026 : les ventes cumulées O&J dépassent le million d'unités ; Jaecoo est élue « Marque de l'année » par Carwow au Royaume-Uni, et en mars le Jaecoo 7 devient la voiture neuve la plus immatriculée du mois au Royaume-Uni (10 064 exemplaires) 

Derrière la marque

Chery, fondé en 1997, est le premier exportateur automobile chinois depuis 22 ans, actif dans plus de 120 pays. Les Jaecoo sont produites à Wuhu, et Chery investit 100 M€ dans l'ancienne usine Nissan de Barcelone (coentreprise avec Ebro-EV Motors) pour localiser à terme la production européenne 

Jaecoo J7J7

2023-

 

 

Jaguar

Histoire de Jaguar 🚗

Les débuts (1922–1945)
L'entreprise naît en 1922 à Coventry (Angleterre) sous le nom Swallow Sidecar Company, fondée par William Lyons et William Walmsley, d'abord pour produire des sidecars de moto, puis des carrosseries automobiles. Les premières voitures portent le nom SS (« SS Cars »). Après la Seconde Guerre mondiale, le nom « SS » devient indésirable (connotation avec les SS allemands) : en 1945, l'entreprise prend le nom Jaguar Cars.

L'âge d'or (1948–1961)

  • 1948 : XK120 — roadster de légende avec le moteur 6 cylindres XK, l'un des moteurs les plus durables de l'histoire (utilisé jusqu'aux années 1980).
  • 1951 et 1953 : victoires aux 24 Heures du Mans avec la C-Type, puis la D-Type triomphe encore en 1955, 1956 et 1957.
  • 1961 : Type E (E-Type) — considérée par beaucoup comme l'une des plus belles voitures jamais construitees ; Enzo Ferrari l'aurait qualifiée de « plus belle voiture du monde ».

Fusions et vicissitudes (1966–1989)

  • 1966 : fusion avec British Motor Corporation (BMH), puis intégration dans British Leyland en 1968 — période difficile, qualité en baisse.
  • 1975 : lancement de la XJ-S, puis la berline XJ40.
  • 1980 : fort déclin, quasiment au bord de la faillite.
  • 1984 : privatisation sous le gouvernement Thatcher, redressement spectaculaire.

L'ère Ford (1989–2008)
Ford rachète Jaguar en 1989 pour 2,5 milliards de dollars. Lancement de la XJ220 (1992), des XK8, S-Type et X-Type. En 1999, Jaguar fait partie du Premier Automotive Group de Ford avec Volvo et Land Rover ; Aston Martin y est aussi associé à l'époque.

L'ère Tata (depuis 2008)
Ford cède Jaguar (avec Land Rover) au groupe indien Tata Motors en 2008 pour 2,3 milliards de dollars, créant Jaguar Land Rover (JLR). Modernisation de la gamme : F-Type (2013), XE, XF, F-Pace, I-Pace (2018, premier SUV électrique, sacré voiture de l'année en Europe). En 2024, Jaguar annonce sa renaissance en marque 100 % électriqu

À retenir : héritage de course (5 victoires au Mans), design emblématique (E-Type, XJ), et aujourd'hui une marque premium sous pavillon indien.

Jaguar Mark VMark V 

1948-1951

 

 

Jeep

🚙 L'histoire de Jeep

Naissance pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1940, face à la Blitzkrieg allemande, l'US Army lance un appel d'offres quasi impossible : un véhicule 4×4 léger de reconnaissance, avec un prototype fonctionnel exigé en 49 jours. Seuls American Bantam, Willys-Overland et Ford répondent. C'est le petit Bantam qui livre le premier prototype (BRC), conçu par l'ingénieur Karl Probst en juillet 1940 — mais l'armée, jugeant ses capacités industrielles insuffisantes, transmet les plans à Willys et Ford, qui développent leurs propres versions 

La légende Willys MB. En juillet 1941, Willys-Overland remporte le contrat de production de masse du Willys MB. Ford fabrique ensuite le même véhicule sous licence sous le nom de GPW. Environ 640 000 exemplaires sont produits jusqu'en 1945 (361 000 MB et 278 000 GPW), utilisés sur tous les fronts par les Alliés — des exemplaires sont même livrés à l'URSS via le Prêt-bail. Le général Eisenhower classera la Jeep parmi les outils décisifs de la victoire alliée 

L'origine du nom. Deux théories s'affrontent : une contraction phonétique de « GP » (General Purpose), ou un clin d'œil à « Eugene the Jeep », le petit animal magique de la bande dessinée Popeye apparu en 1936. Le surnom s'impose dès 1941 ; Willys dépose la marque en 1943 et l'obtient officiellement le 13 juin 1950 

De l'outil de guerre au véhicule civil. Dès août 1945, Willys lance la CJ-2A (Civilian Jeep), destinée aux agriculteurs et aux usages utilitaires, inventant de fait le segment du véhicule tout-terrain de loisir. En France, Hotchkiss obtient dès 1946 la licence de fabrication (M-201, CJ-3B, etc.) 

Les changements de propriétaires. Willys est racheté par Kaiser Motors en 1953 (rebaptisé Kaiser-Jeep en 1963), puis par American Motors (AMC) en 1970, qui crée en 1971 la filiale AM General — future développeuse du Hummer. Chrysler rachète AMC en 1987, juste avant le lancement du Cherokee XJ, et Jeep fait aujourd'hui partie du groupe Stellantis 

Le symbole. La calandre à sept fentes, apparue sur les modèles d'après-guerre, reste aujourd'hui encore la signature visuelle de tous les Jeep modernes, dont le design s'inspire toujours du Willys MB 

Jeep CJCJ

1945-1986

 

 

Jenatzy

Camille Jenatzy, « le Diable Rouge » 🔴

Camille Jenatzy (1868–1913) est un ingénieur et pilote automobile belge, passé à l'histoire comme le premier homme à avoir dépassé les 100 km/h, le 29 avril 1899, à bord d'une voiture électrique de sa conception : La Jamais Contente.

Le contexte

Né le 4 novembre 1868 à Schaerbeek (Belgique), fils d'un fabricant belge de produits en caoutchouc — dont des pneumatiques, alors tout nouveaux — il fait des études d'ingénieur en électricité et se passionne très tôt pour la traction électrique automobile. Installé à Paris, il se lance dans la fabrication de fiacres (taxis) électriques via sa Compagnie générale des transports, et se retrouve en concurrence féroce avec le carrossier Jeantaud. Sa barbe rousse et son tempérament nerveux lui valent vite le surnom de « Diable Rouge » (Red Devil en Angleterre).

La bataille des records d'Achères

Entre 1898 et 1899, Jenatzy et le comte français Gaston de Chasseloup-Laubat se livrent un duel publicitaire acharné sur la route droite d'Achères (Yvelines), chacun battant tour à tour le record du monde de vitesse terrestre :

  • 17 janvier 1899 : Jenatzy atteint 66,66 km/h sur CGA électrique, record immédiatement repris par Chasseloup-Laubat (70,31 km/h)
  • 27 janvier : Jenatzy reprend l'avantage à 80,35 km/h
  • 4 mars : Chasseloup-Laubat contre à 92,78 km/h
  • 29 avril 1899 : Jenatzy pulvérise tout avec 105,88 km/h — le kilomètre est couvert en 34 secondes 
  • C'est la première fois qu'un véhicule automobile franchit la barrière symbolique des 100 km/h. Ce record tiendra jusqu'en avril 1902, battu par Léon Serpollet et sa voiture à vapeur « Œuf de Pâques ».

La Jamais Contente

Pour l'anecdote technique, la voiture est un obus de 3,80 m en partinium (alliage léger d'aluminium et de magnésium), carrossée par J. Rothschild & Fils — souvent considérée comme la première voiture profilée (streamlined) de l'histoire. Elle est propulsée par deux moteurs électriques Postel-Vinay (~68 ch), alimentés par des batteries Fulmen pesant près de la moitié des 1 450 kg de l'engin. Elle roulait sur les premiers pneus Michelin… mais n'avait pas de vrais freins, seulement des « ralentisseurs » à tambour. L'original est aujourd'hui exposé au Musée national de la voiture de CompiègneLa suite de sa carrière

Après le record, Jenatzy reste un pilote de tout premier plan :

  • Vainqueur de courses de côte à Chanteloup (1898, 1899), Malchamps à Spa (1900)
  • Vainqueur de la coupe Gordon Bennett 1903 près d'Athy en Irlande, sur Mercedes 60 hp
  • 2ᵉ de la Gordon Bennett 1904 à Hambourg
  • En 1909, il atteint même les 200 km/h à Ostende sur Mercedes

Il reprend ensuite la manufacture de caoutchouc familiale à la mort de son père.

Une mort ironique

Le 8 décembre 1913, lors d'une partie de chasse à Habay-la-Neuve, Jenatzy se cache derrière un buisson pour effrayer ses amis en imitant des bruits de bête sauvage. Alfred Madoux, directeur de L'Étoile belge, prend sa tignasse rousse pour le pelage d'un chevreuil et tire. Grièvement blessé, Jenatzy meurt à l'hôpital à 45 ans — non sans avoir glissé à son ami, avec un dernier sourire : « Tu te rappelles Alfred, je t'avais prédit que je mourrais dans une Mercedes. Eh bien, j'avais raison ! » 

Jenatzy La Jamais contenteLa Jamais contente

 
 

John Deere

Histoire de John Deere et de ses tracteurs 🚜

Les débuts (1837)

L'histoire commence avec John Deere, un forgeron américain du Vermont installé à Grand Detour, dans l'Illinois. En 1837, il invente une charrue en acier poli qui résolvait un problème majeur des pionniers : la terre riche du Midwest adhérait aux charrues en fonte. L'acier poli permettait à la terre de glisser. C'est le succès fondateur de la société.

De la charrue au tracteur

  • 1868 : la société devient Deere & Company.
  • 1918 : John Deere entre dans le marché du tracteur en rachetant la Waterloo Gasoline Engine Company (Iowa), créatrice du tracteur Waterloo Boy (1914), l'un des premiers tracteurs à essence produits en série. Ce rachat marque le tournant vers le machinisme agricole.

Les modèles emblématiques

  • Modèle D (1923) : produit pendant 30 ans, il devient une légende et sauve l'entreprise pendant la crise de 1929.
  • Modèle A et B (années 1930) : grande réussite commerciale malgré la Grande Dépression.
  • 1949 : premier tracteur diesel de la marque (modèle R).
  • 1960 : la série "New Generation of Power" révolutionne le marché avec plus de puissance, la direction assistée et des moteurs modernes.
  • 1963 : John Deere devient le premier fabricant mondial de tracteurs, détrônant International Harvester.

L'ère moderne

  • 1970-1990 : les gammes se diversifient et l'électronique fait son entrée.
  • Années 1990-2010 : systèmes GPS, guidage automatique et consoles de précision (GreenStar, puis StarFire).
  • Aujourd'hui : tracteurs à transmission CVT, hybrides (E-PTO), robots autonomes, et l'acquisition de solutions agricoles numériques. Les séries 6, 7, 8 et 9R dominent les grandes exploitations. Le siège reste à Moline, Illinois, et le logo au cerf bondissant (depuis 1876) fait partie des logos industriels les plus anciens au monde.

Le symbole

Le vert et jaune "John Deere" (green and yellow) sont devenus une véritable signature culturelle, au point d'être protégés légalement et de nourrir tout un univers de collectionneurs de tracteurs anciens.

John Deere BB

1934-1952

 

 

Jordan

Jordan Grand Prix (1991–2005)

🏁 Les débuts

Eddie Jordan, ancien pilote britannique, fonde son écurie après le succès de son équipe en Formule 3 et Formule 3000 (où il a lancé des pilotes comme Ayrton Senna... en F3 britannique). Jordan Grand Prix entre en Formule 1 en 1991, avec un châssis conçu par Gary Anderson, des moteurs Ford Cosworth et un debut remarquable à Monaco.

C'est chez Jordan que Michael Schumacher fait ses débuts en F1, au Grand Prix de Belgique 1991 à Spa — avant d'être immédiatement recruté par Benetton.

📈 L'ascension (1998–1999)

Après des années de progression (et la fameuse victoire de Damon Hill à Spa 1998, première victoire de l'écurie, doublé avec Ralf Schumacher), 1999 est l'apogée :

  • Heinz-Harald Frentzen lutte pour le titre mondial et termine 3e du championnat
  • Jordan finit 3e du championnat des constructeurs
  • 2 victoires cette saison-là (France et Italie)

📉 Le déclin (2000–2005)

Le début des années 2000 est plus difficile, faute de budget et de soutien constructeur ( passages par Honda, puis Ford-Cosworth). Malgré tout :

  • Giancarlo Fisichella offre à l'écurie sa 4e et dernière victoire au GP du Brésil 2003, dans des conditions chaotiques (victoire confirmée plusieurs jours plus tard après une erreur d'officialisation)

💰 La fin

En 2005, Eddie Jordan, lassé par les coûts croissants, vend l'écurie au consortium Midland Group (Alex Shnaider). L'équipe devient Midland F1 en 2006, puis passe entre diverses mains :

  • Midland → Spyker (2007) → Force India (2008–2018) → renommée Racing Point (2019) → Aston Martin (depuis 2021)

La lignée Jordan vit donc encore aujourd'hui à travers Aston Martin F1.

📊 Palmarès

Statistique Résultat
Saisons 1991–2005 (250 GP)
Victoires 4 (Spa 1998, France 1999, Italie 1999, Brésil 2003)
Pole positions 2
Podiums 19
Meilleur classement constructeurs 3e (1999)

L'écurie reste célèbre pour sa livrée jaune emblématique, son esprit "punk rock" de la grille de départ, et son rôle de tremplin (Schumacher, mais aussi Rubens Barrichello, Eddie Irvine, etc.).

Jordan EJ10-04EJ10-04

2000

 
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