Chausson
Voici l’histoire de la Société des usines Chausson, une entreprise française emblématique de l’industrie automobile :
Fondation et débuts (1907–1924)
La société a été fondée en 1907 à Asnières par les frères Jules et Gaston Chausson, sous le nom « Ateliers Chausson Frères ». Elle se spécialisait initialement dans la chaudronnerie, la tôlerie et la cuivrerie pour l’automobile et l’aviation, avec une production axée sur les composants métalliques comme les radiateurs, les réservoirs, les tubes pour les systèmes d’alimentation en carburant et d’échappement. En 1924, l’entreprise devient la « Société anonyme des usines Chausson » (SUC).
Expansion et diversification (années 1930–1940)
Dans les années 1930, Chausson se diversifie en ajoutant la fabrication de carrosseries à son activité, suivant la tendance américaine qui imposait les carrosseries en acier en Europe. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’usine produit des pièces pour l’aviation, comme des éléments pour le chasseur Dewoitine D.520. En 1942, la création de « Autocars Chausson » marque un tournant vers la production de carrosseries d’autobus, qui deviendra une activité majeure dans les décennies suivantes.
Âge d’or (années 1950–1970)
Après-guerre, avec Peugeot et Renault comme principaux actionnaires, Chausson produit des carrosseries pour des véhicules commerciaux légers (Peugeot J7, J9, 404 pickup, Citroën C35) et des modèles Renault (Renault 4 Fourgonette, Estafette, Trafic). L’entreprise fabrique aussi, en petites séries, des carrosseries pour des coupés comme le Renault Floride/Caravelle, l’Opel GT ou la Citroën SM.
L’apogée est atteint dans les années 1970 : Chausson emploie 15 000 personnes et exploite des usines à Asnières-sur-Seine, Gennevilliers, Meudon, Reims, Creil, Maubeuge et Laval. Elle a absorbé ou fusionné avec d’autres entreprises du secteur, comme Chenard et Walcker ou Brissonneau et Lotz.
Déclin et disparition (années 1990–2000)
Dans les années 1990, face à la concurrence et à la baisse de la demande, Chausson devient un cas d’école de restructuration industrielle. En 1993, l’entreprise est placée sous protection judiciaire (« dépôt de bilan ») et obtient un moratoire sur sa dette. Entre 1993 et 1995, trois plans sociaux entraînent la suppression de 2 549 emplois. La dernière usine, celle de Gennevilliers, ferme en 2000, marquant la fin de l’aventure industrielle de Chausson.
Héritage
Chausson a marqué l’histoire industrielle française, notamment par son rôle dans la construction automobile et la production de bus pour la RATP. Son histoire reflète les mutations de l’industrie automobile au XXe siècle, de l’innovation à la crise industrielle
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1942 |
Chausson CHS
L’histoire de la Chausson CHS est particulièrement fascinante et s’inscrit dans un contexte industriel et historique marquant.
Origines de l’entreprise Chausson
En 1907, deux frères, Gaston et Jules Chausson, fondent à Asnières-sur-Seine une entreprise spécialisée dans la fabrication de radiateurs pour l’industrie automobile naissante. Pendant la Première Guerre mondiale, Chausson se tourne vers l’aviation, et ses radiateurs équipent 80 % des avions alliés. L’entreprise connaît une croissance rapide, passant de 350 salariés en 1914 à 2 000 en 1918, avec un chiffre d’affaires multiplié par 16. Dans les années 1930-1940, Chausson devient un acteur majeur de l’industrie automobile française, notamment en devenant actionnaire de Chenard & Walker et en développant des autocars et des camionnettes.
Naissance de la CHS pendant la Seconde Guerre mondiale
Pendant l’Occupation allemande, l’usine Chausson est réquisitionnée pour produire des carlingues d’avions. Cependant, dans le plus grand secret, un bureau d’études clandestin travaille sur un projet de voiture particulière : la CHS. Ce prototype, développé en 1942, est une microcar à monocoque en acier, conçue dans la clandestinité à Bois-Colombes. Le nom CHS est choisi pour revendiquer la paternité de la marque, malgré l’interdiction allemande de développer des voitures particulières.
Un prototype innovant mais jamais produit
La CHS est présentée au salon de Paris en 1947, mais Chausson n’obtient pas les autorisations nécessaires pour lancer sa production en série. Le manque d’acier et la priorité donnée à la production d’autocars (un marché alors porteur) expliquent cet abandon. L’un des trois prototypes est envoyé en Angleterre pour une éventuelle production locale, mais sans succès. La CHS reste donc à l’état de prototype, oublié dans un garage britannique pendant près de 70 ans.
Redécouverte et restauration
En 2012, Christophe Chausson, petit-fils de l’un des fondateurs, acquiert le prototype lors d’une vente aux enchères. Après une restauration minutieuse, la CHS est exposée pour la première fois au salon Rétromobile en 2017, révélant au public l’histoire méconnue de cette innovation oubliée .
En résumé : La CHS symbolise l’audace et la résilience de l’industrie française pendant la guerre, mais aussi les limites de l’innovation en temps de crise. Son histoire illustre l’évolution de Chausson, des radiateurs aux autocars, en passant par une tentative avortée de produire une voiture populaire.
