Alpine
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Alpine A106
Voici un résumé de l’histoire de l’Alpine A106 :
🔹 Origines et développement (1952–1955)
- Jean Rédélé, concessionnaire Renault à Dieppe et pilote passionné, développe trois prototypes entre 1952 et 1954, inspirés par sa volonté de créer un petit sportif léger, rapide et maniable à moteurs arrière.
- Le deuxième prototype, présenté au salon de New York en 1954 sous le nom "The Marquis", devait être produit aux États-Unis, mais le projet échoue. Il reste un exemplaire unique.
- Avec le soutien de son beau-père, Charles Escoffier, et de ses contacts chez Renault (via la concession familiale), Rédélé collabore avec les frères Chappe et Gessalin (spécialistes des carrosseries en plastique) pour concevoir une carrosserie en fibre de verre, innovante pour l’époque, afin de réduire le poids.
- Les premiers Alpine A106 Coach sont assemblés dans l’atelier parisien d’Escoffier. Ils reprennent la plateforme, le moteur et des éléments intérieurs de la Renault 4CV.
🔹 Naissance de la marque Alpine (1955)
- En juin 1955, Rédélé fonde officiellement la "Société des Automobiles Alpine" à Dieppe, marquant la naissance de la marque.
- Il présente trois A106 Coach (peints aux couleurs tricolores : bleu, blanc, rouge) au siège de Renault à Billancourt. Ces modèles, baptisés "A106 Mille Miles", sont offerts à Renault. Ils utilisent des moteurs 4CV modifiés (747 cm³) avec des puissances variables :
- 21 ch (version standard),
- 30 ch (version intermédiaire),
- 43 ch (version Mille Miles, avec allègement de 40 kg).
- La vitesse maximale dépasse 150 km/h pour un poids de seulement 500 kg.
🔹 Innovations et succès en compétition
- Suspension "Mille Miglia" : Après la participation à la Mille Miglia 1956 (où Maurice Michy remporte un classement par catégorie), Alpine propose une suspension arrière à 4 amortisseurs, reprise plus tard sur la Renault 8 Gordini.
- Boîte de vitesses à 5 rapports (option rare) : Une innovation pour une voiture de cette catégorie à l’époque, fabriquée sous licence par Georges Claude. Son prix équivalait à 35 % du coût d’une Renault 4CV !
- Victoires en rallye : L’A106 accumule les succès, confirmant son ADN sportif. Jean Rédélé lui-même participe à des courses avec ce modèle.
🔹 Évolution et versions (1956–1963)
- 1956 : Présentation d’un cabriolet A106 au salon de Paris, avec une carrosserie en fibre de verre signée Chappe et Gessalin (design à ailerons arrière et calandre étroite). Ce modèle reste un exemplaire unique.
- 1957 :
- Lancement du cabriolet A106 dessiné par Giovanni Michelotti, plus élégant et produit en petite série.
- Remplacement de la vitres avant (initialement la lunette arrière de la Renault Frégate) par un modèle spécifique.
- Ajout de clignotants avant.
- 251 exemplaires du coupé A106 sont produits jusqu’en 1960, dont 40 sous licence par Gillet Herstal (Belgique).
- 1958 : Apparition de l’A108, qui coexiste avec l’A106. Les différences sont minimes (optique, motorisation), et les deux modèles sont parfois confondus.
- 1960 : Arrêt de la production du coupé A106, mais le cabriolet reste au catalogue jusqu’en 1963.
🔹 Héritage
- L’A106 est le premier modèle de série d’Alpine et pose les bases de la marque :
- Légèreté (carrosserie en fibre de verre),
- Moteur arrière (hérité de Renault),
- Vocations sportive et routière.
- Elle prépare le terrain pour l’Alpine A110 (1961), qui deviendra légendaire en rallye (titres européens et mondiaux dans les années 1970).
📌 Chiffres clés
| Modèle | Production | Moteur | Puissance | Vitesse max |
|---|---|---|---|---|
| A106 Coach | 251 (1955–1960) | Renault 4CV 747 cm³ | 21–43 ch | > 150 km/h |
| A106 Cabriolet | ~40 (1957–1963) | Renault Dauphine | 30–43 ch | ~150 km/h |
| Licence Belgique | 40 | Idem | Idem | Idem |
🎯 Anecdotes
- Le nom "A106" vient des numéros d’homologation Renault (1060, 1062, 1063) attribués à la 4CV.
- Le prototype "Marquis" (1954) était destiné au marché américain, mais le projet avorta.
- En 1957, le cabriolet Michelotti s’impose face au design d’Escoffier, marquant un tournant esthétique pour Alpine.