Aston Martin est fondée en 1913 à Londres par Robert Bamford et Lionel Martin, le nom venant des courses de côte d'Aston Clinton et de Lionel Martin lui-même. La première voiture est achevée en 1915, mais la Première Guerre mondiale interrompt le projet. L'entreprise change plusieurs fois de mains dans l'entre-deux-guerres et connaît des difficultés financières chroniques, tout en se forgeant une réputation en compétition (notamment aux 24 Heures du Mans).
En 1947, l'industriel David Brown rachète la marque (puis le carrossier Lagonda). C'est l'âge d'or : les modèles portent ses initiales — la DB2 (1950), la DB5 (1963) rendue mondialement célèbre par James Bond dans Goldfinger (1964), puis la DB6. La marque remporte les 24 Heures du Mans en 1959 avec la DBR1.
Années difficiles (1972–1980)
Après le départ de David Brown, Aston Martin traverse une période de déclin sous divers propriétaires, survit de justesse, puis est relancée en 1981 sous l'ère de Victor Gauntlett.
Ford prend une participation en 1987, puis le contrôle total en 1993. C'est le retour au premier plan : la DB7 (1993) relance les ventes, suivie de la Vanquish (2001).
L'ère moderne (depuis 2007)
2007 : Ford revend la marque à un consortium mené par David Richards (Prodrive), avec des investisseurs koweïtiens.
2018 : introduction en bourse à Londres.
2020 : le canadien Lawrence Stroll (père du pilote Lance Stroll) prend le contrôle et injecte des capitaux ; sa société redevient l'écurie Aston Martin F1 Team en 2021.
Modèles emblématiques récents : DB11, Vantage, DBS, Valkyrie (hypercar développée avec Adrian Newey), et le retour du DB12 (2023) et du Vanquish (2024).
Le lien avec James Bond
Indissociable de l'image de la marque depuis la DB5 de Goldfinger : la marque apparaît dans de nombreux films de la saga, jusqu'à la DBS et la Valhalla dans les épisodes récents avec Daniel Craig.
En résumé : plus de 110 ans d'existence, sept faillites évitées de justesse, et un statut d'icône britannique du grand tourisme, entre sport, luxe et cinéma.
Contexte. Au milieu des années 1930, Aston Martin, alors dirigée par R.G. Sutherland à Feltham, décide d'abandonner ses modèles très sportifs (1½ litre « International », « Le Mans », « Ulster ») pour une voiture plus civilisée et rentable. La 15/98 — parfois appelée simplement « 2 Litre » — est présentée au Motor Show d'October 1936 et vendue sous le slogan « Fast Luxury »
Le nom. « 15/98 » vient de la puissance fiscale RAC du moteur (15 hp) et de sa puissance réelle au vilebrequin (98 ch) — l'une des dernières voitures à utiliser cette nomenclature
Technique.
Moteur 4 cylindres 2,0 litres (1 949 cm³) à arbre à cames en tête, dérivé des voitures d'usine engagées au Mans 1936, mais converti à la lubrification à carter humide (carter sec pour la version Speed Model)
Boîte Moss à synchro, freins Girling à tringles, amortisseurs hydrauliques Luvax à l'arrière ; vitesse maximale d'environ 85 mph (~137 km/h) (Châssis court (99″) ou long (116″) ; carrosseries tourer 2/4 places, drophead coupé, saloon, réalisées d'abord par E. Bertelli Ltd (frère du directeur A.C. Bertelli), puis par Abbey ou Abbott
Positionnement. La marque la décrivait comme « non pas une voiture de course camouflée, mais une automobile sûre et polyvalente ». The Autocar la qualifia de « très différente des Aston Martin précédentes », plus souple, silencieuse et flexible . Ce fut le dernier modèle d'Aston Martin avant la Seconde Guerre mondiale, après laquelle la compagnie fut sauvée par David Brown en 1947.
Production et rareté. Environ 176 exemplaires 2 litres toutes versions confondues de 1936 à 1939 (dont ~50 châssis courts ouverts et ~125 15/98 vendues 1937–1939) — une production faible en raison des difficultés financières de la marque. Aujourd'hui, la 15/98 est rare et très recherchée des collectionneurs, avec des prix pouvant dépasser 600 000 $ pour les Short Chassis Open Sports