De Dion Bouton
De Dion Bouton
Histoire de De Dion-Bouton
De Dion-Bouton est un constructeur français d'automobiles, de moteurs et d'autorails, fondé en 1883 à Paris par le marquis Jules-Albert
🚗 Les débuts : la vapeur
- 1883 : premiers véhicules à vapeur (tricycle), puis en 1884 le premier tracteur routier pour semi-remorque
- 1884 : l'usine s'installe à Puteaux, sur le quai National — rebaptisé depuis quai De Dion-Bouton
- 1894 : le comte de Dion fait sensation en remorquant une calèche avec son tracteur à vapeur entre Paris et Rouen.
⚙️ Le tournant : le moteur à essence
- 1893 : rupture avec Trépardoux, fidèle à la vapeur ; la marque devient De Dion-Bouton
- 1895 : mise au point d'un moteur monocylindre à essence à grande vitesse de rotation (~1 500 tr/min contre 500 pour celui de Benz), qui fait le succès de la firme
- 1899 : lancement du fameux « Vis-à-vis », première automobile produite en grande série (2 970 exemplaires jusqu'en 1902), doté du novateur pont De Dion inventé en 1893 .
🌍 Le sommet
- En 1900, De Dion-Bouton est le plus grand constructeur automobile du monde : 400 voitures et 3 200 moteurs produits dans l'année. La firme fournit des moteurs à plus de cinquante marques, dont Renault, Delage, Latil et Peugeot .
- 1902–1904 : la Populaire, puis les moteurs bicylindres et quatre cylindres .
- 1909 : l'un des tout premiers moteurs V8 au monde, qui inspirera notamment les premiers V8 Cadillac de 1914
- Jules-Albert de Dion cofonde aussi l'Automobile Club de France et organise le premier Salon de l'Automobile en 1898
📉 Le déclin
- Pendant la Première Guerre mondiale : obus, véhicules militaires et moteurs d'avion (Guide Automobiles Anciennes).
- Après-guerre, la marque se tourne vers le haut de gamme, puis vers le rail : de 1923 à 1948, De Dion-Bouton est le principal constructeur français d'autorails à voie métrique (~250 véhicules)
- La crise de 1929 et la désaffection de la marque ont raison de l'entreprise : la production automobile cesse en 1932–1933 .
Albert de Dion meurt en 1946, Georges Bouton en 1938. La marque reste l'une des plus grandes pionnières de l'automobile française.
|
1893- |
Sous-catégories
De Dion Bouton 2 3/4 Tricycle
Le tricycle De Dion-Bouton 2¾ CV
Origine de la firme. L'aventure commence en 1883 à Paris, lorsque le comte Jules-Albert de Dion, aristocrate passionné de locomotion, s'associe au mécanicien Georges Bouton et à l'ingénieur Charles-Armand Trépardoux pour fonder « Trépardoux et Cie », bientôt rebaptisée De Dion, Bouton & Trépardoux puis installée à Puteaux. Les premiers véhicules sont à vapeur. Après une brouille avec Trépardoux — fidèle à la vapeur — la marque De Dion-Bouton se convertit au moteur à explosion
Naissance du tricycle à pétrole. La firme construit son premier tricycle à moteur à pétrole en 1895 : un monocylindre 4 temps à grande vitesse de rotation (1 500 tr/min, régime remarquable pour l'époque), équipé de l'un des tout premiers allumages électriques automobiles, avec carburateur à léchage et transmission aux roues arrière par différentiel
Le Type 2¾ CV (1898-1899). Ce moteur s'installe dans les tricycles produits en série à partir de 1896-1898. Ses caractéristiques :
- Monocylindre vertical 4 temps, d'environ 185 cm³ (alésage 58 × course 70 mm) évoluant jusqu'à 402 cm³ (80 × 80 mm) en 1899, soit 0,75 à 2,5 ch — la puissance fiscale « 2¾ CV »
- Soupape d'admission automatique, échappement commandé ; allumage d'abord par brûleur et tube incandescent, puis par accumulateur-bobine-rupteur-bougie
- Ni embrayage ni boîte de vitesses ; cadre tubulaire sans suspension, ~76 kg
- 30 à 35 km/h, ~3 l/100 km, gravit une côte de 5 % sans pédalage ; double freinage sur pneus Michelin Un succès mondial. Le tricycle est « l'automobile du jeune homme et du célibataire » : les trois roues assurent une stabilité précieuse à une époque où les motocyclettes balbutiantes (Dalifol, Hildebrand & Wolfmüller, Werner) sont difficiles à maîtriser. Il s'illustre jusque dans l'Empire russe en 1899 grâce au concessionnaire Louis Mazy . Les moteurs De Dion-Bouton équiperont ensuite plus de cinquante marques (Renault, Delage, Latil…) et, en 1900, la firme est le plus grand constructeur automobile du monde
Postérité. Ce tricycle est considéré comme l'ancêtre de la motocyclette moderne : c'est de son moteur monocylindre à régime élevé que dérive l'architecture des premières motos. La production de tricycles cède la place au tournant du siècle aux quadricycles et voitures « vis-à-vis »
