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Chausson

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La Société des usines Chausson : histoire

Les débuts (1907-1930). L'entreprise est fondée en 1907 à Asnières-sur-Seine sous le nom d'Ateliers Chausson Frères par les frères Jules, Gaston et Paul Chausson. Elle produit d'abord des radiateurs de refroidissement, des réservoirs de carburant et des tubulures d'admission/échappement pour l'industrie automobile naissante . Pendant la Grande Guerre, elle se tourne vers l'aviation : ses radiateurs équiperont environ 80 % des avions alliés  En 1924, la raison sociale devient Société anonyme des usines Chausson (SUC) 

Diversification (années 1930). Suivant la tendance venue des États-Unis des carrosseries en acier, Chausson se lance dans l'emboutissage et la construction de carrosseries, et devient un groupe important — actionnaire de Chenard et Walcker dès 1936, pesant jusqu'au tiers du chiffre d'affaires de Peugeot avant-guerre 

L'épopée des autocars (1942-1959). La création d'Autocars Chausson en 1942 fait de l'entreprise un grand constructeur d'autobus et autocars, pionnière de la caisse autoporteuse en tubes soudés (« châssis-coque »). La RATP commande 273 autobus APU 53 en 1954 ; en 1956, Chausson fête son 10 000e car, deux fois plus que Renault  En 1959, l'activité cars est intégrée à Saviem

L'apogée comme sous-traitant (années 1950-1970). Avec Peugeot et Renault comme principaux actionnaires, Chausson assemble les carrosseries de véhicules utilitaires (Peugeot J7, J9, 404 pick-up, Citroën C35, Renault 4 fourgonnette, Estafette, Trafic) et, plus ponctuellement, des coupés (Renault Floride/Caravelle, Opel GT, Citroën SM). Au sommet, dans les années 1970, le groupe emploie 13 000 à 15 000 salariés sur des sites à Asnières, Gennevilliers, Meudon, Reims, Creil, Maubeuge, Laval…, ayant absorbé Chenard et Walcker et Brissonneau et Lotz 

Le déclin (années 1980-1990). En 1983, face au risque de dépôt de bilan (le groupe employait encore plus de 17 000 personnes), le gouvernement fait pression sur Renault et Peugeot pour qu'ils reprennent tout le capital — les deux constructeurs, associés de force, liquident progressivement le groupe . Le dépôt de bilan intervient en septembre 1993 ; trois plans sociaux suppriment 2 549 emplois entre 1993 et 1995, avec de violents mouvements sociaux ``

La fin et l'héritage. Le dernier établissement, à Gennevilliers, ferme en 2000 ; le site est démoli en 2007 pour laisser place à un écoquartier et à la coulée verte du jardin Chenard et Walcker La marque survit toutefois : depuis 1994 elle appartient au groupe Trigano, qui fabrique des camping-cars Chausson à Tournon-sur-Rhône 

Chausson CHSCHS

1942

 

 

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Chausson CHS

La Chausson CHS : une microcar oubliée de l'après-guerre

Le contexte. Fondée en 1907 à Asnières-sur-Seine par les frères Jules, Gaston et Paul Chausson, l'entreprise fabriquait à l'origine des radiateurs, réservoirs et carrosseries automobiles, avant de devenir un acteur majeur de l'industrie automobile française (jusqu'à 18 000 salariés).

La genèse du prototype. Pendant l'Occupation, l'usine Chausson — réquisitionnée par l'armée allemande — travaille notamment pour Heinkel. En secret, les ingénieurs du bureau d'études dessinent clandestinement la CHS : un petit cabriolet économique (une sorte de microcar) destiné à la grande série, imaginé comme « la voiture d'après-guerre » 

Le salon de 1946 et le Plan Pons. La voiture est dévoilée au Salon de l'Automobile de Paris 1946 et reçoit un accueil favorable. Mais le Plan Pons, qui impose la politique industrielle de l'État aux constructeurs, attribue à Chausson le marché des autocars et lui interdit en revanche de produire l'automobile : la CHS reçoit un veto 

L'épisode britannique. Tom Delaney, ancien dirigeant de Delaney-Gallay (racheté par Chausson en 1930), découvre la voiture au salon et tente de la faire produire au Royaume-Uni. Wolseley s'y intéresse d'abord, puis Humber et même Aston Martin — mais tous renoncent (manque de matières premières, royalties jugées trop élevées) (

L'épilogue. Chausson abandonne la CHS en 1947, sans commercialisation. L'unique prototype finit oublié dans un garage britannique, jusqu'en 2012, où Christophe Chausson, petit-fils d'un fondateur, le rachète aux enchères à Silverstone ; il a notamment été exposé à Rétromobile 2017 

Ironie de l'histoire : Chausson s'est ensuite imposé comme le leader français des autocars (les fameux modèles AP à « nez de cochon »), avant que cette division ne soit cédée à Renault/Saviem en 1959 

 

 
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