Bucher
Bucher
Histoire du tracteur Bucher
Les origines (1807–1945)
Tout commence en 1807, lorsque Heinrich Bucher-Weiss reprend une forge à Niederweningen (canton de Zurich, Suisse), qui fabrique alors de simples outils agricoles. Dans les années 1850, l'entreprise se lance dans les pompes à lisier, les coupe-fourrages et les moulins ; en 1874, elle est inscrite au registre du commerce comme atelier mécanique fabriquant des composants pour machines agricoles, et devient en 1895 la « Maschinenfabrik Johann Bucher-Manz »
Sous Jean Bucher-Guyer (direction à partir de 1904), l'entreprise se diversifie avec la presse hydraulique à fruits (1901) et la pompe à lisier centrifuge « Luna » (1921), l'un des plus grands succès commerciaux de la marque
Vers le tracteur
C'est Walter Hauser-Bucher, gendre de Bucher-Guyer et ingénieur de l'ETH Zurich, qui impulse la motorisation : en 1934, Bucher lance une faucheuse attelée à chevaux avec moteur auxiliaire — sa première machine agricole motorisée. La faucheuse motorisée à un essieu « Rekord » de 1945 se vendra à 116 000 exemplaires jusqu'en 2003
Les tracteurs Bucher proprement dits (1950–1964)
- 1950 : mise en production du motoculteur/tracteur à un essieu KT 10, conçu pour les petites exploitations suisses, avec une prise de force pouvant transmettre la puissance du moteur à une remorque (1954 : première série du tracteur D 1800, un tracteur à quatre roues équipé d'un moteur diesel 2 cylindres refroidi par air MWM, 24 ch), avec relevage trois points, prises de force normalisées et raccords rapides pour outils — considéré comme technologiquement en avance pour l'époque. L'importation de tracteurs étant fortement limitée en Suisse, ce modèle répondait à un besoin national
- D'autres modèles suivirent (D 4000, visible sur des photos de 1960, D 1500 à moteur essence/paraffine Opel...), ainsi que le monoroue KT 10 Production totale : environ 5 000 tracteurs livrés entre 1954 et 1964, année de fin de fabrication
L'après-tracteurs
À partir de 1963, Bucher devient importateur de tracteurs Fiat en Suisse et se concentre sur les machines de récolte (porte-bottes, autochargeuses, faneuses sous licence). L'entreprise devient le groupe Bucher Industries (côté à la SIX Swiss Exchange), avec notamment 50 % du capital de Kuhn (Saverne, France) dès 1946, et des divisions municipales, hydrauliques et agroalimentaires ; elle ne construit plus de tracteurs en son nom Anecdote de collectionneur : ne pas confondre Bucher (machines rouges) et Bührer (machines vertes), autre constructeur suisse de tracteurs
Sous-catégories
Bucher D4000
Le Bucher D 4000 — petit historique 🚜
Le Bucher D 4000 est un tracteur suisse fabriqué par Bucher-Guyer à Niederweningen (canton de Zurich), dans les années 1950–1960 (des exemplaires datés de 1959 à 1968 sont recensés). Il fait partie de la génération de tracteurs la plus réussie du constructeur — de 1953 à 1973, Bucher a construit environ 4 948 tracteurs dans son usine de Niederweningen (Tractor Wiki).
Contexte de l'entreprise : la firme trouve son origine dans la forge de Heinrich Bucher-Weiss fondée au début du XIXᵉ siècle à Niederweningen. Devenue « Maschinenfabrik Jean Bucher-Guyer », puis Bucher-Guyer SA, elle s'est fait connaître pour ses presses à fruits hydrauliques et surtout ses motofaucheuses, avant de se lancer dans les tracteurs (Bucher Industries).
Le D 4000 lui-même
- Motorisation : diesel MWM AKD-10 V, 4 cylindres à air, refroidi par air — un argument de vente à l'époque : « l'air ne bout pas, l'air ne gèle pas »
- Puissance : 38 ch à 2 800 tr/min
- Transmission : boîte Bucher-Guyer baignée dans l'huile, 5–6 rapports avant + 1 arrière, avec réducteur optionnel permettant de doubler les rapports (jusqu'à 12 avant / 2 arrière)
- Vitesse max : environ 20 km/h
- Poids : ~1 495 kg (1 595 kg avec hydraulique)
- Équipements : prise de force 540 tr/min, freins à disque, verrouillage de différentiel, relevage hydraulique à trois points et barre de coupe en option, installation électrique 12 V
Ce tracteur est aujourd'hui un objet de collection très apprécié en Suisse et dans les cercles d'oldtimers, avec un club d'amateurs actif (buchertraktoren.ch). Un article détaillé lui a d'ailleurs été consacré dans Traktor Classic (n° 6/2023) sous le titre « Der Stolz der Eidgenossen » (« la fierté des Suisses »).
