Borgward
Borgward
Histoire de Borgward 🚗
Borgward est un constructeur automobile allemand fondé à Brême par Carl F. W. Borgward (1890–1963), un ingénieur entrepreneur hors du commun.
Les débuts (années 1920–1930)
- 1924 : Carl Borgward lance la Blitzkarren, petite camionnette à trois roues, très populaire auprès des petits commerçants.
- Il reprend ensuite le fabricant Hansa-Lloyd (1929–1931), qui devient le socle de son entreprise à Brême.
- 1939 : présentation de la Hansa 2000, première vraie voiture de tourisme moderne de la marque.
L'après-guerre : le grand essor
- 1949–1950 : lancement de la Hansa 1500, berline moderne à carrosserie ponton — parmi les premières en Europe.
- Le groupe devient un conglomérat de quatre marques, vendues sous un même réseau :
- Borgward (haut de gamme)
- Hansa
- Goliath (petites voitures à moteur deux temps, puis injection directe)
- Lloyd (microcitadines comme la célèbre Lloyd LP 300, surnommée « Leukoplastbomber » à cause de sa carrosserie recouverte de similicuir)
- 1954 : la légendaire Borgward Isabella, élégante et bien construite, devient un immense succès commercial — plus de 200 000 exemplaires.
- 1959 : la Hansa 2400 est l'une des premières berlines allemandes à boîte automatique.
La fin brutale (1961)
Malgré des ventes correctes, le groupe rencontre des difficultés de trésorerie liées aux investissements dans des modèles coûteux. En 1961, sous pression des banques régionales (et dans un climat de concurrence féroce, une partie des créanciers ayant des liens avec les concurrents), Borgward est contraint à la faillite — Carl Borgward accepte de déposer le bilan malgré une trésorerie globalement saine. Les ouvriers furent repris par d'autres employeurs, mais la marque disparut. Carl Borgward meurt en 1963. Beaucoup d'observateurs considèrent cette faillite comme évitable, voire orchestrée.
Les renaissances
- 2000s : le nom est relancé par Christian Borgward (petit-fils) ; en 2015, la marque renaît à Munich avec le SUV Borgward BX7, développé avec des capitaux chinois (BAIC, puis UTV).
- Les ventes déçoivent et la marque cesse à nouveau son activité vers 2020–2022.
En résumé : Borgward incarne la trajectoire allemande typique — un innovateur indépendant qui réussit brillamment dans les années 1950, écrasé par la concentration industrielle (VW, Mercedes, BMW), avant deux renaissances inabouties.
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1954-1962 |
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Borgward Isabella
Borgward Isabella (1954–1962)
La genèse. Présentée en juillet 1954, l'Isabella devait s'appeler « Hansa 1500 », succédant à la gamme Hansa de Carl F. W. Borgward, constructeur atypique basé à Brême. Le nom « Isabella » était un surnom interne donné aux prototypes de test ; il a plu aux ingénieurs et à la presse, et seules les premières centaines d'exemplaires sortirent sans ce badge ait baptisée ainsi par provocation
La voiture. Berline moyenne à carrosserie ponton autoportante, traction, style « américain » chromé dans des dimensions compactes européennes — exactement ce que demandaient les clients allemands des années 50. Elle visait un segment moyen-haut de gamme, anticipant le créneau que la BMW 1500 exploitera ensuite La gamme s'est vite élargie : break (Kombi), version TS sportive, cabriolet (carrossé par Karl Deutsch) et surtout le coupé de 1957, à la ligne très élégante, construit à seulement ~9 500 exemplaires
Le succès. 11 150 exemplaires dès la première année, et 202 862 au total jusqu'en 1962 — de très loin le modèle le plus vendu et le plus rentable de Borgward, qui propulse la firme à la troisième place des constructeurs allemands
La fin. Les ventes de l'Isabella déclinent à la fin des années 50 ; Borgward dilapide ses ressources sur plusieurs modèles coûteux (P100, Arabella) pendant que l'Isabella, non renouvelée, devient obsolète face à la concurrence. En 1961, le groupe fait l'une des faillites les plus spectaculaires de l'Allemagne, liquide par le land de Brême — alors, ironie de l'histoire, que toutes les dettes furent finalement remboursées jusqu'au dernier centime. Carl Borgward meurt en 1963
Épilogue. L'Isabella a aussi été produite sous licence en Argentine par Dinborg (999 exemplaires en 1960, seule année d'activité) Et en 2017, la marque relancée par le petit-fils de Carl (avec l'appui du chinois Foton) a présenté un concept Isabella électrique 4 portes — clin d'œil au passé, sans rapport technique avec l'original
