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Bitter

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Bitter : histoire de la marque automobile

Bitter (Erich Bitter Automobil GmbH) est un petit constructeur allemand d'automobiles sportives de luxe, basé à Schwelm, qui a bâti presque toute son histoire sur des mécaniques et plateformes Opel 

Les débuts : Erich Bitter

Erich Bitter (1933–2023) commence comme pilote de course : pilote privé puis pilote d'usine chez Abarth à Turin dans les années 1960 (850 TC, 1000 TC, 1300 OT). Il met fin à sa carrière en 1969 après un grave accident au Nürburgring. En parallèle, il fonde Rally-Bitter, une marque de kits et accessoires sportifs, et devient importateur pour Abarth puis Intermeccanica. Face aux problèmes de fiabilité des voitures de cette dernière, il décide en 1971 de construire ses propres véhicules 

Le coupé CD (1973–1979)

Encouragé par Chuck Jordan puis Dave Holls, responsables du design Opel, Bitter développe une sportive basée sur le concept Opel Coupé Diplomat présenté à Francfort en 1969. La Bitter CD — coupé à moteur Chevrolet V8 327 ci de 227 ch sur base Opel Diplomat — est présentée au Salon de Francfort 1973 : 176 commandes sont prises, mais le premier choc pétrolier en annule la plupart. La production démarre néanmoins la même année chez Baur 

Le SC (1980s)

Le Bitter SC, sur base Opel Senator/Omega avec six cylindres en ligne 3.0 de 180 ch (porté ensuite à 3.9 L), décliné en coupé, cabriolet et berline, succède au CD. Au total, entre 1973 et 1989, Bitter a construit 395 CD et 488 SC 

Après 1989 : prototypes et relances

De nombreux prototypes suivent (Rallye GT, Tasco 1991, Berlina 1994 sur Omega MV6), sans succès commercial, faute de financements. La marque tente ensuite des comebacks sur des bases Holden : la CD2 (Genève 2003, sur Holden Monaro/Pontiac GTO), la Vero (2007, sur Holden Statesman, environ 121 000 €) et la Vero Sport (2009), sans réel succès 

Aujourd'hui

Bitter survit en proposant des finitions luxueuses « by Bitter » de modèles Opel (Insignia, Adam, Mokka « Edition by Bitter »). Erich Bitter est décédé le 10 juillet 2023, peu avant ses 90 ans En résumé : une marque de niche fascinante, née de la passion d'un pilote, qui a habillé des mécaniques Opel dans des carrosseries de GT, sans jamais dépasser le stade du très petit volume.

Bitter SC CoupéSC Coupé

1981-1989

 

 

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Bitter SC Coupé

La Bitter SC Coupé (1981–1989)

Genèse

Au milieu des années 1970, Erich Bitter — ancien pilote devenu constructeur à Schwelm — cherche un successeur à sa CD, dont la base Opel Diplomat n'est plus disponible. Dès le printemps 1977, il obtient d'Opel le droit d'utiliser le châssis et la mécanique du Senator, pas encore présenté à l'époque . Le dessin est confié à Giovanni Michelotti, mais à sa mort en janvier 1980, Erich Bitter doit terminer lui-même la carrosserie 

Présentation et carrière

Le coupé SC (« Senator Coupé ») est dévoilé en 1979, mais l'officialisation se fait de manière spectaculaire : il sert de safety car au Grand Prix de Monaco 1980. Les ventes démarrent au printemps 1981 

Le style — une silhouette trois volumes élégante — est souvent comparé à celui de la Ferrari 400 . Techniquement, la voiture reste très proche du Senator : plancher, suspensions, direction, tableau de bord 

  • Motorisation : 6 cylindres en ligne Opel 3,0 L injection de ~180 ch, remplacé en 1984 par un 3,9 L réalésé d'environ 210 ch. Un V8 Lamborghini Urraco et un V8 Holden ont été envisagés, mais rejetés (bruit, émissions, coûts)
  • Carrosseries : coupé (1981), cabriolet présenté à Francfort 1981 puis vendu dès 1983 (capote dérivée de la conversion Keinath de l'Opel Monza), et berline allongée (1984–85)
  • Production : carrosseries réalisées par Baur, assemblage d'abord à Schwelm puis, à partir de 1983, chez Steyr-Daimler-Puch à Graz (3–4 voitures par semaine) 
  • Tentative américaine : en 1984, GM passe un accord pour vendre la SC via des concessionnaires Buick (surtout autour de New York) pour contrer BMW — un échec commercial, moins d'une douzaine de concessionnaires impliqués 

Bilan

La production totale varie selon les sources : environ 461 coupés, 22–25 cabriolets et 4–5 berlines, soit ~490 exemplaires  L'échec de la SC illustre le déclin, dans les années 1980, du modèle économique du « rebody » — habiller de la grande série d'un constructeur avec une carrosserie exclusive. Une rareté aujourd'hui très prisée des collectionneurs.

 
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