Les débuts (1900–1919) Tout commence avec Charles Eckhart, qui fonde en 1874 la « Eckhart Carriage Company », un fabricant de voitures hippomobiles à Auburn, dans l'Indiana. Ses fils, Frank et Morris, fondent l'Auburn Automobile Company en 1900 et produisent leurs premiers runabouts monocylindres à partir de 1903-1904 (la « Auburn Model A » de 1904, 10 ch, vendue environ 1 000 $). L'entreprise grossit en 1909 en rachetant deux concurrents locaux, mais la pénurie de matériaux pendant la Première Guerre mondiale met un frein à son essor, et les frères Eckhart revendent l'affaire en 1919 à un groupe d'investisseurs de Chicago mené par Ralph Austin Bard
L'ère Errett Cord (1924–1937) En 1924, les nouveaux propriétaires, en difficulté, engagent le brillant vendeur Errett Lobban Cord, qui retourne la situation en prenant le contrôle total de l'entreprise via un achat à effet de levier bouclé fin 1925. Cord rachète aussi Duesenberg (1926) et fonde Cord Automobile (avec les moteurs Lycoming), formant l'un des groupes automobiles de luxe les plus mythiques des années 1930 aux États-Unis
Avec des designers comme Alan Leamy et Gordon Buehrig, la marque produit des voitures célèbres pour leur style audacieux et leur ingénierie avancée :
l'Auburn Boattail Speedster (1928-1936), notamment le 851 de 1935 ;
le Cord L-29 (première traction avant américaine de série) ;
les Cord 810/812 aux phares escamotables et au design Art déco ;
le Duesenberg Model J, rival des Rolls-Royce de l'époque
Le déclin Le krach de 1929 et la Grande Dépression rendent ces voitures trop chères pour le marché. Auburn tente même de diversifier sa production vers des éviers et cuisines vers 1935. Sous la pression de la SEC (commission des marchés financiers américaine), Cord vend ses participations en août 1937 : les marques Auburn, Cord et Duesenberg disparaissent
Postérité Le siège Art déco de 1930 à Auburn abrite depuis 1974 l'Auburn Cord Duesenberg Automobile Museum, classé National Historic Landmark en 2005 ; il expose plus de 120 voitures et accueille chaque année la réunion du club Auburn-Cord-Duesenberg Les Auburn Speedster apparaissent aussi au cinéma, notamment dans Gatsby le Magnifique (2013) et Indiana Jones et le Temple maudit
En 1924, Errett Lobban Cord, brillant vendeur d'automobiles, reprend la marque Auburn, alors au bord de la faillite (6 voitures par jour), et en fait avec Cord Automobile, Duesenberg et Lycoming l'un des fleurons de l'industrie automobile américaine des années 1930
Le Speedster 851 (1935)
Présenté fin 1934 pour l'année-modèle 1935, le 851 Speedster est le dernier modèle de production d'Auburn, et le plus emblématique
Design : signé Gordon Buehrig (ex-Duesenberg), engagé par Harold Ames pour créer un modèle-phare. Il dessine la carrosserie boattail (arrière en queue de bateau, inspiré des skiffs des années 1910), le radiateur incliné, les ailes galbées et les célèbres échappements latéraux chromés Astucieusement, Buehrig réutilise des carrosseries et outillages existants pour limiter les coûts
Technique : 8 cylindres en ligne Lycoming de 4,6 L à soupapes latérales, compresseur Schwitzer-Cummins (150 ch à 4 000 tr/min contre 115 ch sans compresseur), boîte 3 rapports synchronisée + pont arrière Columbia à double rapport (3:1 / 4,5:1), soit l'équivalent de 6 vitesses — une première aux États-Unis .
Performances : garantie à 100 mph (≈160 km/h) — chaque voiture portait sur le tableau de bord une plaque signée par le recordman Ab Jenkins certifiant avoir été menée à 100,8 mph avant livraison (. Jenkins a battu plus de 70 records américains de vitesse avec la voiture de 1935
Production : environ 143 exemplaires du 851 SC boattail seulement. En 1936 apparaît le 852, identique mais avec « 852 » sur la calandre ; Auburn cesse toute production automobile en 1937 L'Auburn 866 : la « seconde génération » de Glenn Pray
L'Auburn 866 n'est pas un modèle d'époque : c'est une réplique lancée en 1966 par Glenn Pray, propriétaire de l'Auburn-Cord-Duesenberg Company de Broken Arrow (Oklahoma), qui avait racheté les stocks et les droits de l'original. Il s'agissait de l'une des premières « replicars », construite à partir d'une vraie 851 comme gabarit, produite avec succès jusqu'en 1981 D'autres répliques, souvent sur châssis-moteur Ford V8, circulent sous le nom « Auburn-Ford V8 Speedster »
Héritage
La ligne boattail a inspiré la Corvette Stingray (1963-67) et la Buick Riviera (1971-73) ; la 851 apparaît au cinéma (Batmobile des premiers comics, Indiana Jones et le Temple maudit, Gatsby le Magnifique) (C'est aujourd'hui l'une des voitures américaines les plus convoitées : un exemplaire 1935 s'est vendu 770 000 $ en vente aux enchères (S
lEn résumé : le 851/852 (1935-36) est l'original signé Buehrig, ultime baroud d'honneur d'Auburn avant la faillite ; le 866 (1966-1981) en est la réplique fidèle ressuscitée par Glenn Pray.