
Le roadster Georges Irat type MM (1935)
Contexte de la marque. Georges Irat, constructeur français de voitures sportives actif de 1921 à 1953 (« La voiture de l'élite »), traverse une grave crise financière au début des années 1930. En 1934, la marque est partiellement reprise par Godefroy et Levecque, les constructeurs du moteur Ruby, et l'usine déménage à Levallois-Perret.
La naissance du MM. Présenté au Salon de Paris de 1935, le nouveau modèle à moteur Ruby marque un revirement stratégique : fini les grosses voitures coûteuses, place à une sportive légère et économique. Deux carrosseries sont proposées — roadster à une seule porte à droite, et cabriolet deux portes — et deux motorisations : le type MM (5 CV, 954 cm³, soupapes en tête) et le type MDS (6 CV, 1 097 cm³). Le MM est produit en 1935-1936, le MDS de 1935 à 1937.
Technique. Très moderne pour l'époque, le roadster MM est une traction avant surbaissée à quatre roues indépendantes (bras oscillants et ressorts hélicoïdaux à l'avant, colonettes et lames longitudinales à l'arrière). Il est animé par un 4 cylindres Ruby de 954 cm³ développant 26 ch à 3 400 tr/min, avec boîte 3 vitesses placée devant le moteur. Poids d'environ 660 kg, vitesse maximale 100-110 km/h. Cette architecture donnait à la voiture une agilité et une tenue de route exceptionnelles, compensant la modeste puissance du moteur.
Suite et héritage. Le MM rencontre un certain succès (environ 600 exemplaires du roadster MM selon certaines sources, la production totale des roadsters et cabriolets avoisinant 700 unités). Il est remplacé par la MDU à moteur Ruby de 1 078 cm³ en 1937, puis par l'<OLC à moteur Citroën 1 911 cm³ en 1938 — la guerre interrompra la production, qui ne reprendra jamais vraiment.
Côté marché. Une Georges Irat MM s'est vendue environ 30 000 € chez Osenat en mars 2017 — une valeur indicative pour un modèle rare et recherché des collectionneurs