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Darracq Type C tonneau 1901 - Cité de l'automobile, Collection Schlumpf, Mulhouse, 2020

Darracq Type C tonneau 1901 - Cité de l'automobile, Collection Schlumpf, Mulhouse, 2020

La Darracq Type C (1901) : la voiture qui a démocratisé l'automobile française

Contexte. Après avoir fait fortune dans le cycle avec la marque Gladiator (fondée en 1890 et revendue en 1896), Alexandre Darracq se lance dans l'automobile et fonde Automobiles Darracq S.A. à Suresnes, près de Paris. Après quelques tentatives infructueuses (voiture électrique inspirée du Riker américain, moteur Henriod), l'entreprise sort en 1901 sa première automobile entièrement conçue et fabriquée maison : la Type C 

La voiture. La Darracq 6,5 HP Type C est un runabout, une voiturette légère destinée à la promenade :

  • Moteur monocylindre vertical Perfecta de 785 cm³, une conception maison réputée fiable et puissante pour sa cylindrée, monté à l'avant et propulsé par un arbre de transmission à double cardan 
  • Châssis en tubes brasés, léger et solide, avec passage de vitesses sous le volant 
  • Carrosserie simple posée sur un châssis en tôle d'acier emboutie (au vanadium), un procédé révolutionnaire qui permet un prix très compétitif 

Son importance historique. Simple, fiable et économique, la Type C est considérée comme la première vraie tentative de démocratisation de l'automobile en France. Environ 1 200 exemplaires sortent des ateliers de Suresnes, un volume considérable pour l'époque, et en 1904 Darracq assure 10 % de la production automobile française, devenant bientôt le troisième constructeur national derrière Renault et Peugeot. Henri Ford lui-même s'inspirera du procédé de fabrication en tôle emboutie pour son Model T 

La suite. Ce succès met Darracq en position de force : la marque s'illustre en compétition (records du monde de vitesse en 1904-1905, dont 176,46 km/h pour la 200 HP V8 ; victoires à la Coupe Vanderbilt 1905 et 1906) et s'étend à l'international — Opel-Darracq en Allemagne, filiale italienne qui deviendra Alfa Romeo, Talbot au Royaume-Uni. Après la crise de 1909, la société est vendue en 1912-1913 à sa filiale anglaise, puis intègre le groupe STD (Sunbeam-Talbot-Darracq) en 1920 ; le nom Darracq disparaît définitivement au milieu des années 1930

Une anecdote savoureuse : un jeune mécanicien suisse nommé Louis Chevrolet a travaillé dans les usines Darracq de Suresnes, et Alexandre Darracq lui-même n'aimait pas conduire — l'automobile n'était pour lui qu'une affaire

Darracq Type C tonneau 1901 - Cité de l'automobile, Collection Schlumpf, Mulhouse, 2020