
À la fin de la saison 1961, Jack Brabham quitte l'écurie Cooper et s'associe à l'ingénieur australien Ron Tauranac pour fonder sa propre structure : Motor Racing Developments (MRD), installée à Surbiton, dans des locaux appartenant à Repco.
Le nom « MRD » pose rapidement un problème : en français, les initiales se prononcent de façon… peu convenable (proche d'un gros mot). Le journaliste français Jabby Crombac le fait remarquer, et la marque décide d'adopter le nom de son fondateur : Brabham. C'est sous ce nom que la voiture sera vendue — le sigle BT signifie Brabham-Tauranac.
La BT2 est ainsi la première voiture de production de la jeune marque. Elle découle d'un prototype Formula Junior construit en 1961 et elle est officiellement commercialisée en 1962 sous le nom de Brabham Junior — le nom « BT2 » sera attribué rétrospectivement.
Conception
- Catégorie : Formula Junior (catégorie d'initiation internationale, 1958–1963).
- Production : 11 exemplaires, vendus dans le monde entier.
- Châssis : multitubulaire en acier (spaceframe), carrosserie en fibre de verre.
- Moteur : Ford-Cosworth 109E dérivé de la Ford Anglia, environ 103 ch.
- Transmission : boîte manuelle à 4 rapports.
- Freins : quatre freins à disque.
- Suspensions : doubles bras triangulés, ressorts hélicoïdaux et barre antiroulis à l'avant ; bras, doubles liaisons, ressorts et barre antiroulis à l'arrière.
Palmarès sportif
En 1962, la BT2 est engagée en championnat de Formula Junior. Le pilote-ouvreur Frank Gardner brille au volant de la voiture officielle, tandis que le Français Jo Schlesser, pilote privé, remporte à Montlhéry la première victoire européenne d'une Brabham — un moment fondateur pour la marque.
En 1963, la BT2 évolue en BT6 (20 exemplaires supplémentaires, moteur poussé à 110 ch). Denny Hulme et Jo Schlesser multiplient les succès. C'est la dernière saison de Brabham en Formula Junior : la voiture suivante, la BT9, est conçue pour la nouvelle Formule 3 (1964).
Héritage
La BT2 pose les bases du savoir-faire Brabham : châssis spaceframe bien né, compacité et fiabilité. La même année 1962, le châssis BT3 dérive vers la Formule 1 — Jack Brabham y marquera ses premiers points mondiaux au GP des États-Unis 1962. Plusieurs BT2 survivent encore aujourd'hui et courent en historique (Goodwood Revival, FIA Lurani Trophy, Silverstone Classic).
En bref : première Brabham de client, la BT2 fait passer la marque du prototype artisanal au constructeur de monoplaces de série, et signe sa toute première victoire avec Schlesser à Montlhéry en 1962.

