Simca Vedette I 1957 - Autos Mythiques 57, Thionville, 2019

La Simca Vedette est une série de véhicules construits et commercialisés dans de multiples déclinaisons par le constructeur français Simca entre 1954 et 1961 sous 2 générations. Elle est la dernière voiture française de grande série à être équipée d’un moteur V8.

Vedette première série (1954–1957)

En 1954, Simca rachète Ford S.A.F. (Société Anonyme Française) et s’approprie ainsi son usine de Poissy.

Tandis que le groupe Ford, déçu par les résultats de son activité en France, se recentre sur ses filiales en Allemagne de l'Ouest et en Grande-Bretagne, Simca récupère la gamme Vedette millésime 1955, conçue par Ford dans son siège de Dearborn, pour remplacer la première Vedette lancée en 1948.

La nouvelle gamme Vedette est présentée sur le stand Ford au Salon de Paris, en octobre 1954. Elle est produite d'octobre à novembre sous la marque Ford et à partir du 1er décembre 1954 sous la marque Simca après qu'environ 1082 exemplaires eurent été fabriqués par Ford, à la suite du rachat de l'usine de Poissy par Henri Théodore Pigozzi. Simca n'avait aucune volonté de développer ce modèle et profita seulement de son apparition pour augmenter ses volumes de ventes globaux et surtout, disposer d'un centre de production à Poissy, qui lui permettait de mieux servir ses perspectives d'avenir.

Dès sa sortie et selon un plan de commercialisation bien conçu par l'état major de Ford, la gamme Vedette est divisée en quatre modèles bien distincts dans la gamme équipée du V8 de 2,3 litres (les modèles équipés du moteur V8 3,9 litres ne sont pas remplacés) avec un niveau 1, modèle d'entrée de gamme qui offre un prix d'appel bien positionné (sans volonté de faire des volumes de vente), un niveau 2 qui devait assurer à lui seul le maximum des volumes de cette gamme, un niveau 3 (grand luxe) destiné à compléter l'offre produit vers le haut et un produit niche, la version break (station wagon) :

 - La Trianon, modèle d’entrée de gamme, dépouillé de manière à lui permettre d'afficher un prix de vente compétitif ;
 - La Versailles, modèle phare de la gamme se distingue par son équipement de base, sa présentation en deux tons, ses projecteurs antibrouillard, ses feux de recul, ses encadrements de pare-brise et de lunette arrière chromés, ses pneus à flancs blancs.
 - La Régence, luxueusement présentée, est reconnaissable à son intérieur particulièrement soigné intégrant une radio, sa peinture bicolore à la présentation spécifique et à ses enjoliveurs de roues à rayons.
 - La Marly, version break de la Versailles, un break de luxe équipé d’un hayon arrière en deux parties et disponible à partir de février 1956.

Un seul moteur est proposé, il s’agit du vieux V8 Ford «Aquilon» à soupapes latérales dont la cylindrée est portée à 2351cm3. Il développe 80ch à 4400tr/min.

La principale innovation concerne la structure de la voiture, qui abandonne le châssis séparé pour une carrosserie monocoque bien plus dans l’air du temps. En revanche, les trains roulants et la mécanique restent classiques avec une boîte de vitesses mécanique à trois rapports, la transmission arrière avec un pont rigide et une suspension à ressorts semi-elliptiques longitudinaux, une direction à vis globique et galet de type Gemmer et un freinage sans assistance. Toutefois, la suspension avant adopte le moderne système à jambe de force MacPherson remplaçant les doubles triangles des précédentes Ford Vedette.

En 1955, la Versailles est vendue au prix de 898 000 francs, soit environ 198 000 francs de plus que la Peugeot 403, aux prétentions moins élevées.

Très soignée, la familiale - commerciale Marly s’adresse aux Français les plus aisés, pouvant débourser près de 1 200 000 francs pour se l’offrir.

La gamme évoluera les années suivantes : le toit ouvrant et translucide « Vistadôme » était disponible en option sur tous les modèles dès 1955. En 1957, d'importantes modifications touchent les modèles de la gamme Vedette justifiant le changement de type mines, qui garde cependant une présentation du type «Ford».  Le train avant est amélioré en 1957 par modification de la valeur de déport au sol. Ce millésime voit l’apparition de nouveaux freins plus efficaces et d'un équipement électrique en 12 volts. Les feux arrière sont d'un nouveau dessin stylisé baptisés "Rubis", avec catadioptre intégré (sauf sur la Trianon qui conserve les feux des modèles 55 et 56)1.

En 1957, année placée sous les conséquences de «l'affaire de Suez» (rationnement du carburant entre autres), Simca avait eu l'idée d'équiper la caisse de la Trianon avec le moteur 4 cylindres de l'Aronde donnant naissance à la familiale Ariane. Le poids de la caisse Simca Vedette, plutôt avantageux pour une auto de ce gabarit permit au moteur de l'Aronde de ne pas être trop sous-dimensionné grâce à des rapports de transmission bien étudiés. Les performances, accélérations et reprises de ce modèle étaient médiocres mais suffisaient à l'utilisateur de ce type d'auto familiale économique, classée fiscalement dans la catégorie des 7 CV. La formule obtenue avec l'Ariane dépassa les espérances des ingénieurs de la marque et permit à ce modèle d'être commercialisé jusqu'en 1963. Le constructeur italien Fiat, encore un peu lié commercialement à Simca à cette époque, s'inspira de cette version pour créer après sa disparition, sa 1500 L, reprenant la caisse de la 6 cylindres 1800 en finition simplifiée, équipée du 4 cylindres de la 1500.

Simca Vedette I 1957 - Autos Mythiques 57, Thionville, 2019

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